Hotel Verhaegen

/ Gent / Vlaanderen

Datant principalement de la seconde moitié du XVIII° siècle, L’Hôtel Verhaegen illustre à merveille par sa conception architecturale et par le raffinement de ses intérieurs, un certain art de vivre au Siècle des Lumières. Comme beaucoup d’hôtels gantois du XVIII° siècle, celui-ci remplaçait un édifice qui existait déjà au XVI° siècle. Au milieu du XVIII° siècle, Colette –Thérèse de la Vilette, hérita l’hôtel le long de la Lys au Bois. A la suite de son mariage avec le comte Pierre Emmanuel d’Haene, seigneur de Leeuwerghem, qui lui désirait se consacrer aux travaux de son hôtel de la Rue des Champs et du château de Leeuwerghem, elle vendit l’hôtel en 1766 à Antoine-Bernard Triest, arrière petit-neveu de l’illustre évêque Gantois Antoine Triest, bienfaiteur de l’église et de la cité. En 1768 celui-ci attaqua d’importants travaux afin de mettre l’hôtel au goût du jour et de créer l’ensemble que nous connaissons aujourd’hui. Il rénova les façades et fit réaliser les riches décors des salons par les meilleurs artistes de son temps. Les dessus de porte du grand salon dans le goût de François Boucher furent exécutés par Pierre Norbert van Reysschoot,  ainsi que, quelques années plus tard, les superbes toiles à sujets paysagistes d’influence hollandaise,  serties dans la boiserie de style transition de la salle à manger. L’hôtel changea plusieurs fois de propriétaire pour passer aux mains de Jules Clément Lammens, au XIX° siècle, et par alliance aux Verhaegen. La famille du baron Verhaegen, grands mécènes et amateurs d’Art et de Lettres transmettra l’hôtel intact de génération en génération, jusqu’à ce qu’en 2004, les actuels propriétaires en font l’acquisition. Ceux-ci succombèrent immédiatement sous le charme et la valeur artistique de l’hôtel et décidèrent de le faire revivre. Non contents d’y installer leur bureau d’architecture intérieure et leur habitation, ils décidèrent aussitôt d’y aménager des cossues chambres d’hôtes, afin de partager le bel endroit à l’harmonie si particulière avec les amateurs du beau de passage à Gand. Chaque élément fut scrupuleusement et parfois à grande peine respecté et conservé, en évitant surtout les restaurations par trop intempestives. D’autre part un soin extrême fut apporté afin de cacher intégralement l’importante technologie moderne nécessaire au confort et au luxe contemporains, indispensables pour aller de pair avec le raffinement des décors de l’hôtel. En même temps les décorateurs eurent le souci de plonger l’hôtel dans le XXI° siècle en ajoutant à l’élégance du cachet original de l’Hôtel Verhaegen la touche de l’art décoratif contemporain. Ainsi faisant ils recréèrent le caractère de l’hôtel particulier où l’intimité et la discrétion riment avec luxe et singularité. Comme les propriétaires aiment à dire « Nous n’avons jamais eu des clients, seulement des amis ».