En Tasmanie un spectaculaire musée souterrain a déjà attiré plus d’un million de visiteurs en trois ans. L’impossible M. Walsh, milliardaire collectionneur, nous embarque dans son monde intérieur peuplé d’obsessions. Vous qui entrez ici, perdez tous vos repères ! Lorsque l’on arrive au Museum of Old and New Art (MONA), situé sur une île au sud-est de l’Australie, ancien lieu de relégation des bagnards et d’extermination des Aborigènes, on est sur la bonne voie. Et puis, la Tasmanie est aussi un paradis sur terre… Avec ses habitants qui ne se prennent pas au sérieux, ses cacatoès jacassant dès l’aurore, ses animaux qui, comme le diable de Tasmanie, petit marsupial aux oreilles rouges, n’existent nulle part ailleurs, et ses paysages à couper le souffle. Reste que l’enfer des musées, comme il y a un enfer des bibliothèques, c’est là, au MONA, qu’on va le trouver, avec sa galerie sulfureuse consacrée au sexe et à la mort qui en a fait, depuis son ouverture il y a trois ans, l’une des destinations les plus courues de la planète arty. Que l’on découvre l’endroit en ferry au départ de Hobart par la rivière Derwent - 99 marches à gravir ensuite à flanc de colline dans laquelle les parois en grès triasique du musée ont été taillées par l’agence d’architecture Fender Katsalidis - ou en voiture à travers les vignobles du domaine ne change rien : on est déboussolé. À croire que David Walsh, l’excentrique propriétaire des lieux, qui a fait fortune grâce au black jack et aux courses de chevaux, a pris un malin plaisir à parier sur le chaos.