EMPRUNTER LA VOIE LYCIENNE

La civilisation Lycienne est la plus énigmatique de toutes celles que le plateau anatolien a vu naître et périr. Homère la mentionne dans son Iliade, en tant que courageuse participante à la guerre de Troie. Mais c'est à peu près tout ce que l'on sait d'elle. La langue lycienne laisse les chercheurs pantois. Sa culture et ses moeurs n'avaient pas d'égal dans la région. Son royaume était la péninsule de Teke, dont les vallons au-dessus de la Méditérrannée sont parsemés de tombes et de sarcophages. La voie Lycienne, une randonnée d'une vingtaine de kilomètres au-delà de ces ruines, est l'une des plus belles qui soient. Elle suit d'anciens sentiers de chèvres et des voies romaines, menant de la côte à l'arrière-pays de Teke, traversant de minuscules villages à flanc de colline. Au-dessus de la ville portuaire de Kalkan, le chemin grimpe vers une pâture (yayla). Les montagnes entourent ce plateau comme pour en protéger les champs et les bergers qui somnolent sous les arbres avec leur troupeau. 2 kilomètres plus loin, on atteint Bezirgan, un village de maisons ottomanes en pierre et de vergers. Puis le sentier monte vers les paysages plus sauvages par une piste de muletiers, le long d'arêtes rocheuses. Les petits plaisirs ne manquent au fil du chemin: boire l'eau d'un puit, prendre un thé avec un vieux monsieur coiffé d'un beret à l'ombre d'une cabane en bois. Il faut parfois aussi se contenter de la compagnie des chèvres qui bondissent des buissons à votre passage. La voie lycienne commence à hauteur d'Oludeniz et se termine à Antalya près de 200 km plus loin sur la côte.