TINKU EN BOLIVIE 2019

Chaque année, début mai, les paysans de la région de Potosí se réunnissent pour le Tinku. Un mot d’origine quechua, qui signifie rencontre, union, équilibre, convergence, mais on l’entend également dans le sens de combat. Cette manifestation, profondément ancrée dans les traditions indiennes de l’altiplano, a pour objet de rendre grâce aux Dieux pour le fruit des récoltes. On honore avant tout la Pachamama, la déesse de la terre, pour sa généreuse fertilité, mais comme un peu partout en Bolivie, Jésus et la sainte trinité ont également leur place dans les célébrations. Le plus célèbre Tinku a lieu à Macha, petit village isolé sur l’altiplano, où se retrouvent près de 3000 villageois de la région. Ils arrivent à pied, vêtus de leurs costumes traditionnels dont l’élément le plus singulier est, chez les hommes, la montera, le casque en cuir dur dont la forme rappelle celle des casques de cuivre des conquistadores. Pendant deux à trois jours, les gens dansent, chantent, boivent jusqu’à l’excès, et se battent. D’abord, chaque communauté défile dans les rues du village, au son des charangos (petite guitare à dix cordes) et des zampoñas (flûte de pan). Régulièrement, les hommes forment un cercle au centre duquel les femmes prennent place. Tandis qu’elles entonnent les huayños (chants traditionnels marqués par des tonalités très aigûes), les hommes tournent autour d’elles en martelant le sol en cadence. Tous les hommes et la plupart des femmes accompagnent ces célébrations d’une grande consommation d’alcool. Puro (alcool à 90º), bière ou chicha (alcool de mais), au fil des heures l’ivresse gagne les participants, et au deuxième jour les danses cèdent la place aux combats. Ils opposent deux hommes qui s’affrontent au centre d’un cercle formé par les spectateurs. On se bat aux poings, le bras tendu, en essayant de toucher l’adversaire à la tête ou au torse (certains combattants placent une pierre dans leur main pour donner plus de force à leurs coups). Ces combats, souvent d’une extrême violence, peuvent être appréhendés de différentes façons.